2013, une année de rap à Montréal

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Monk.E, Mexico

Elargissons un peu le champ de la famille, pour y intégrer des collègues volontiers cités par Monk.E dans sa revue de l’année écoulée.

Proche de K6A, avec deux sociétaires en commun –Maybe Watson et KenLo– Alaclair Ensemble remporte selon lui, et haut la main, la palme du meilleur titre d’album : ‘’Les maigres blancs d’Amérique du Noir’’.

Finement distanciée, la trouvaille stylistique nous secoue franchement la panse. Ou les côtes flottantes, pour les plus maigres (blancs) d’entre nous. Malgré le risque de persistance rétinienne sur une royale physionomie, on vous propose ce « Mon cou » plutôt électro, totalement décalé et néanmoins fortement vertébré. Bougez donc le vôtre comme il convient.

Autre bombe de 2013 volontiers citée : le trio Loud, Lary & Ajust. Mais si l’unanimité semble se faire parmi leurs pairs, les fans sont plus réservés. Nous aussi. Car on parle là d’un genre qui a produit ça et là plus que sa ration de ‘’daube’’ pure et simple. Alors, pourquoi ne pas redonner la parole à Monk.E le grand frère indulgent :

« Loud, Lary et Ajust ont continué de faire des ravages avec leur gullywood style contagieux. A un point tel que rapper en franglais sur des beats de trap s’appelle maintenant rapper comme Lary Kidd, pour beaucoup de jeunes qui ignorent l’origine américaine (dirty South) de cette rafraîchissante vague québécoise ».

Faites-vous votre opinion …

Trap music, le mot est lâché. La poule aurifère de pointures reconnues, comme de « suceurs de roues patentés » -mais ceci est un autre débat.

En ce qui nous concerne on préfère, dans un style pas très éloigné, la technique bien au point des très acclamés Dead Obies, sur l’ambiance un rien slacker de cette version de « $ud $ale » à tomber. De rire, et de son siège.

Le titre figure sur l’album ‘’Montréal Sud’’, on en trouvera tout naturellement le pendant géographique avec le dénommé Koriass sur « Rue des Saules », dans le genre périlleux mais remarquablement maîtrisé  de l’exercice sociologique sans concession…

El Cotola a filmé ‘’Graffologie 404’’ déjà présenté dans le précédent article. Comment pourrions-nous négliger le tandem qu’il forme avec Obia le Chef (dont le flow rappelle celui de notre Passi, un peu perdu de vue) sur ‘’Le Théorème’’, autre pépite très soulful de 2013. On ne vous fera pas l’injure de situer les lieux de tournage du clip de « Pour le love »!

Autre belle réussite pour moitié imputable à El Cotola : l’ambiance 100% sud-américaine de Agua Negra avec son deuxième complice attitré Paranoize, dont il partage les origines.

Et toujours dans cette veine world beat, sur un mode plus léger peut-être, on se gardera d’oublier le groove latino irrésistible de Boogat, également représentant de cette communauté fortement implantée à Montréal.

Irrésistibles aussi, les deux breaks scénaristiques préludant au vrai sujet traité par le clip de « Rap Queb » de Webster. Si seulement quelques rappeurs montés en épingle arrivaient à saupoudrer, ne serait-ce que d’une pincée de son second degré, leurs clichés grotesques ! Quoi qu’il en soit, ‘’A l’ombre des feuilles’’ est l’œuvre mature d’un vétéran, sûr de sa trajectoire depuis près de 20 ans, dont la première moitié utilise la langue anglaise comme vecteur.

Et puisqu’il est question de dualité sémantique, parlons de Jai Nitai Lotus, l’artiste québécois anglophone à citer le plus urgemment. Par sa culture jazz revendiquée et son côté polyvalent, il évoque quelques-uns de ses plus honorables confrères à l’ouest de l’Hudson Bay. Ainsi sur ce court mais intense morceau qu’est « Simbreaker », extrait de son premier véritable album « Something you feel »…

Plus connu en France, en raison de collaborations avec quelques artistes du cru (Fonky Family, Akhenaton, Ol’Kainry, 2Bal…), le très respecté Sans Pression a fait sur la scène québécoise un retour remarqué. Non qu’il en ait disparu ces dernières années, mais aux yeux de Monk.E il s’était quelque peu dispersé en productions indignes de son talent.

« Vagabond ma religion », le titre éponyme de son dernier opus, donne une bonne idée du savoir-faire persistant d’un auteur qui n’a jamais mâché ses mots.

En particulier pour flétrir, à juste raison, ce complexe de supériorité affiché par des collègues hexagonaux, et pas des mieux placés pour donner des leçons. Pour certains de ces esprits bornés, le parler joual serait un handicap insurmontable! Sans commentaire…

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