Tous à Hochelaga

Le fantastique bouquin(*) de John Brunner « Tous à Zanzibar », paru en 1968, regroupe virtuellement notre Humanité de 2010 sur cet archipel au large de la Tanzanie. Chaque individu partageant alors avec trois autres un petit mètre carré de terre ferme.

Selon le même principe, les 483 km² recensés de l’archipel d’Hochelaga (à ne pas confondre avec la circonscription, de bien moindre superficie) suffiraient à accueillir la communauté hip-hop mondiale de 2014. En la tassant même un peu moins… tout en conservant ce type d’espace

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« Migration aquatique » (Monk.E, Piscine Baldwin, Montréal)

Mais pourquoi donc nous exiler là-bas, grands dieux ? s’interroge benoîtement la génitrice, et parfois unique lectrice, du blogueur ici présent. Parce que, à l’heure actuelle, c’est là-bas que presque tout se passe : dans le berceau historique de Montréal.

Mais non M’man, pas en SF, en rap ! Quoique… le piu piu style, hein ? ça peut nous faire voyager loin dans le futur.

Elle croyait que dans les deux cas il fallait plutôt se tourner vers les Etats-Unis. Or John Brunner était anglais, et d’une. Et de deux, la France dans tout ça ? Ben, heu… depuis que Booba roule en Rolls, M’man a un peu lâché l’affaire. Il faut la comprendre, B2O est tellement Lunatic qu’il a zappé la Lexus de son lointain souvenir, c’est très décevant ! Bon enfin, les vrais savent.

Revenons à nos gloutons, ou carcajous au Canada. Et à nos ratons. Dont l’un, et pas des moins bigarrés, s’apprête à faire le trajet inverse. J-5, très précisément.

Pfff, rien à voir avec Jurassic Five, M’man !

Tu sais quoi ? tu vas tout dérouler vers le bas sur ce splendide arrière-plan vert signé Jess Gonzalez, et en apprendre plus sur Monk.E avant samedi prochain à la bibliothèque Couronnes. A commencer par ceci, même si la set list du concert y différera forcément

 

Au fait, Hochelaga : seulement à partir du 25 mai, d’accord ? Ou plutôt du 12 juin, fin du séjour européen du Monk. Et sans passer par le Brésil, j’te connais…

(*en tout discothécaire insomniaque, il y a un bibliothécaire qui sommeille)

 

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Monk.E à Couronnes : J-15…

… et lancement de sa fusée « Initiatique » : J+15.
Pas un jour qui se soit écoulé sans un retour sur ce joyau stratosphérique, depuis le 24 avril !

Non par nécessité professionnelle, simplement pour le plaisir et l’émotion bruts. Deux semaines, et déjà toutes les allures du must. On ne dira pas classique, tellement il trace sa lumineuse arabesque hors du champ traditionnel du hip-hop.

Néanmoins c’est bien de hip-hop qu’il s’agit. Certes plus tout à fait sous la forme ci-dessous, socle ô combien imputrescible pour la communauté originelle,

 

mais largement de nature à effacer les moues circonspectes sur les visages de b-boys désormais quadragénaires.

Une critique de Darcy McDonald (pistez ses articles si vous maîtrisez l’anglais) parue dans Cult MTL a fort bien saisi l’aspect innovant, sinon révolutionnaire, de l’épopée « Initiatique ». Poser son rap sur les sons ambient space concoctés par le maître queux Smilé Smahh pouvait apparaître comme une gageure. C’était sans compter avec le verbe luxuriant et le flow olympien de Monk.E, qui repousse encore les limites de la jeune école Piu-Piu, plutôt instrumentale à l’heure actuelle.
Tous ses pairs au Québec ont salué à tour de rôle la performance. Il faut réellement avoir son charisme pour toucher (outre les étoiles) les cœurs d’une flamme aussi vive que celle qui brûle sur « Chers Elohim » ou « Hikuri » -on ne cite là que deux des pures merveilles émaillant un album au timing parfait.

Shroomcaps et shroombap à l’honneur

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Lino et Calbo, toujours sur la brèche, et Monk.E en guest : pur P.O.I.S.O.N. !!

Le décor est planté. La « scène du crime » suivant aussi, voyez ci-contre.

Rien à voir avec de la promo toute bête. Monk.E sera là parce qu’il l’a souhaité aussi ardemment que nous, qui avons découvert sa peinture et son rap par une espèce de coup de dés du destin.
Son périple européen se poursuivra en Suisse, avec notamment la première partie d’Ärsenik à Montreux le 31 mai, dans le cadre d’End of the Weak 2014.
Décalage d’une semaine qui nous évoque irrésistiblement Djeli Moussa Condé et ses musiciens, « chez nous » en novembre dernier, huit jours avant leur mémorable concert au New Morning. L’enfant de Conakry et Belleville, son chant si puissant et humble à la fois, faisant naître dans le public conquis une affection spontanée, aux ressorts plus profonds que le seul talent artistique.

Monk.E est de cette lignée. Celle des griots, au sens de grands communicateurs. Nul doute que l’essence africaine du mot lui convienne.
Et Drummondville rime avec Belleville, qui d’ailleurs ne lui est pas inconnu. Les rideaux de la bibliothèque Couronnes graffés par ses soins, dix mois après sa fresque très remarquée sur le spot Dénoyez, en collaboration avec Kouka Ntadi l’indomptable « semeur » de guerriers bantous : voilà une idée qui nous enchante.

Vous les verriez plutôt dans quel style?

Celui-ci?

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Monk.E & K6A, Montréal

Celui-là?

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« Piupiu style » (Monk.E & Fluke Art, Longueuil)

Ou bien quelque chose dans ce genre?

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Yah’s oracle (2010)

Shroomcaps dans la journée (« tu t’mouches en couleurs si t’as pas mis d’masque »), shroombap en soirée avec son DJ pour la circonstance Gyver Hypman, partenaire tellement sur la bonne longueur d’ondes qu’un disque commun est prévu pour la fin de l’année.

 

Good trip en perspective, assurément…

L’histoire ne s’arrêtera pas là. Ce blog non plus. Monk.E, notre cher « Immuable en mouvement », encore moins !