Kt Gorique, « couteau suisse » affûté…

 

… telle qu’à l’attaque du morceau où on l’a découverte (encore une connexion montréalaise) :

 

Il existe de longue date une spécificité du rap au féminin. Celle de s’affranchir de tout un arsenal de poncifs clinquants qu’il n’est plus besoin d’énumérer. Pour le reste, un peu comme dans le sport à tous niveaux, aucune raison d’établir de tableau comparatif de valeurs par sexe.
Ce préambule ne sous-entend pas l’absence de violence chez les sistas. Elles se préservent tout simplement de sa représentation redoutablement puérile. Cibler un public présupposé mâle, jeune et immature revient à donner aux peu convaincus le sentiment que le « vecteur » est lui-même un peu tout ça. Et les dispense de s’intéresser au real hip hop

« King Kong dans un corps de moustique »

Kt Gorique est violente. Violente, à la façon dont claque son nom d’artiste. Violente, au sens d’intense, impressionnante. Violente, par le fait que cette révoltée authentique bouscule, là où une néo-ploutocratie du rap croit le faire dans l’apologie de l’armement lourd.
Kt Gorique est à l’opposé de ce conformisme-là. « King Kong dans un corps de moustique », c’est elle qui le dit, dans l’une de ces punchlines dont elle a le secret :

 

Mais le poids plume en question occupe la scène comme une briscarde. Avec autant d’autorité que trois quarts de tonne de Boo-Yaa-T.R.I.B.E., les mémorables warriors samoans du rap californien des nineties.
Alors… violente, oui. Et aussi émouvante, tonique, drôle, cultivée.

Lorsque les jurés d’End Of the Weak (ces rencontres de freestylers qu’on ne louera jamais assez) ont décerné à Kt Gorique le titre mondial 2012 à New York, ils ont jugé sur des critères professionnels. Et non sur le symbole plaisant mais léger de la petite meuf de Martigny, Suisse, tenant la dragée haute à une demi-douzaine de confrères pas nés de la dernière pluie… Monk.E, Dandyguel, Drob Dynamic, entre autres.

Un peu plus de deux ans après, elle est en studio, enthousiaste à la perspective de boucler un premier album solo qui selon ses propres termes est l’aboutissement « d’un an de recherche, d’écriture, de composition, mais aussi d’attente, de prise de tête, de questions sans réponse, de barrières à passer encore et encore, et de bâtons dans les roues« .

Hé non ! certainement pas jonché de roses, le chemin de l’artiste éprise d’indépendance… ou alors, surtout les épines.

Brooklyn à Cannes

Dans un précédent article, nous avons risqué un audacieux rapprochement entre Kt Gorique et MC Lyte. Avec tout le respect dû à celle-ci, on doute de voir un jour la première nommée s’engluer dans la guimauve guettant à mi-carrière même les b-girls de Brooklyn !
Allez, on ne résiste pas à la tentation d’une transition facile.
Sachez que désormais Kt Gorique est Brooklyn.

 

Présenté à Cannes, plusieurs fois primé dans d’autres festivals, et en dépit d’un circuit de salles restreint, ce film a commencé à se faire une réputation par le bouche-à-oreille élogieux qui le suit partout. Tourné à l’arrache, aux dires de son réalisateur Pascal Tessaud, il décrit Saint-Denis comme rarement -presque aussi dionysiaque que dionysienne. Et possède la belle spontanéité de son interprète principale…

Voilà qui est la « femcee » valaisanne au caractère bien trempé qu’on ose intercaler dans un blog essentiellement consacré au rap québ ! Emblématique du hip hop dont la flamme se propage sans vaciller, et douée au point d’avoir gagné le surnom de « Couteau suisse » auprès des fans.
Parce qu’elle sait tout faire…

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